La révolution approchait

“Je n’ai jamais eu la jouissance de revoir Marie-Antoinette depuis le dernier bal de la cour à Versailles : ce bal donnait dans la salle spectacle, et la loge où je me trouvais placée était assez près la salle de la reine pour que je pusse entendre ce qu’elle disait. 
Je la voyais fort agitée, invitant à danser les jeunes gens de la cour, tels que M. de Lameth, et autres, qui tous la refusaient : si bien que la plupart des contredanses ne purent s'arranger. La conduite de ces messieurs était d’une inconvenience qui me frappa ; je ne sais pourquoi leur refus me semblait une sorte de révolte, préludant á des révoltes plus-graves. La revolution approchait : elle éclata l'année suivante.”

- Élisabeth Vigée Le Brun